ZSP : la mairie ne peut continuer à fuir ses responsabilités. Elle a le devoir d’agir ! PDF Imprimer
Dimanche, 19 Mai 2013 20:58

Dans le Progrès du lundi 13 mai, nous pouvions lire que Manuel VALLS, en visite à Lyon, venait présenter le bilan des zones de sécurité prioritaires, et annoncer peu de nouveaux moyens pour l'instant (dont aucun dans le Rhône) mettant plutôt en avant de bonnes pratiques à dupliquer ce qui est le coeur du projet ZSP. Le maire de Vaulx en a profité pour dénoncer une désertion des autres services de l’état, qui font que la délinquance et l’incivilité existent toujours à Vaulx, malgré sa politique sociale très volontariste. Il est incroyable de lire cela sous la plume d'un maire sans qu'il ne se permette de réfléchir sur sa propre politique municipale, qu'il juge sans doute parfaite mais qui malheureusement est pleinement responsable de cet état de fait.

 

La réalité, celle des faits, est que Vaulx est une ville qui a près de 60% de logements sociaux, près de 20% de chômage, un revenu moyen des plus faibles de France (3ème ville la plus pauvre de France en 2011). Il faut de l’argent pour vivre, et si on ne donne pas les moyens décents aux habitants d’en avoir, alors ils bifurquent dans la délinquance. Un des meilleurs moyens d’éradiquer la délinquance est de permettre à tous de se former et d’avoir un emploi afin de ne pas rentrer dans une spirale négative. Il faut aussi de la richesse dans les quartiers. Nous avons écrit à ce propos au Premier ministre, au Ministre de l'Intérieur, à la Ministre du Logement pour que dans la nouvelle loi SRU, on instaure un plafond de logements sociaux à 45% pour toutes villes de France afin d'éviter la poursuite du système de ghettoïsation que pratique allègrement notre Maire. Selon Lyon Capitale et son enquête de Mai, il ne faut même pas dépasser les 30% pour avoir une ville vivable. Malheureusement, le Premier Ministre nous a répondu que cette compétence du maxima était du ressort des communes, pas comme le minima ! Si l’état ne veut pas prendre ses responsabilités, c’est au maire d’agir et à lui de ramener le taux de logements sociaux à un juste équilibre, pour donner une meilleure chance et plus d’égalité aux personnes vivant dans les ZSP.


Autre point sur lequel la ville peut agir : la police municipale, faite pour faire respecter les lois en proximité, combattre les incivilités, donner l'exemple. Pour une ville de plus de 40 000 habitants, nous avons une quinzaine de policiers municipaux, et un nombre identique de caméras de vidéosurveillance. Pourtant pour des villes de taille comparable le double en policiers et caméras est la moyenne. Nous sommes donc largement en deçà, soit deux fois moins bien équipés que les autres. Pourtant Vaulx-en-Velin a besoin de présence policière, de police de proximité. Aujourd’hui, la réalité est qu’ils sont si peu nombreux qu’ils n’osent plus verbaliser des véhicules qui grillent les feux, stationnent devant les écoles, se garent sur les trottoirs, se contentant gentiment de leur dire de ne pas rester trop longtemps. Et Vaulx-en-Velin a aussi besoin de caméras de surveillance supplémentaires. Mais là encore, malgré les nombreuses demandes de commerçants en particulier, la mairie refuse catégoriquement d'agir.


La ville ne gère pas correctement ses priorités. Tout est mis sur le visible et le clinquant. Ainsi le Pole d'Astronomie ou la mégalo-piscine, qui couteront en fonctionnement bien plus de quinze policiers municipaux supplémentaires et une dizaine de caméras de vidéosurveillance.


Il est vrai qu’il est beaucoup plus simple d’accuser l’état et les ministres de ne rien faire que d'agir soi-même, de se remettre en cause et de modifier sa propre désastreuse politique.

Le 15/05/2013

Christine BERTIN
Responsable MODEM Vaulx-en-Velin